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Affichage des articles du 2012

Un problème de code moral

On décrit souvent  la morale comme un code hérité de la communauté dans laquelle l’individu grandit et acquiert ses "compétences sociales".  Cette conception n’est admissible que partiellement; de nombreuses recherches  montrent clairement qu’il existe des fondements psychologiques naturels (cognitifs, neurologiques, donc biologiques) à des concepts fondamentalement moraux comme l’altruisme et l’égoïsme, et ceci, indépendamment des normes, conscientes ou inconscientes).  On sait aussi que la prise de décision "morale" est influencée de manière étonnamment stable par des facteurs qui échappent complètement à la dimension conventionnellement palpable des valeurs. Il y a également une batterie d’arguments, y compris linguistiques, pour suggérer que l’être humain dispose d’une notion très intime, ancrée dans sa cognition, de la désirabilité des comportements (leur dimension déontique , qui concerne "ce qu’il convient de faire" dans un cas x ou y.  ...

knowledge, conformism and decision making

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Earlier (below: "all there is to know about free will") I suggested, following numerous contemporary thinkers and researchers in the field of cognition, that there is no such thing as "free will", so that decision-making is an automated process which does not involve responsibility but is in the end biologically determined. I also suggested that the fact that we think that we have a free will is useful inasmuch as it involves a motivation for action. I added that knowledge  is crucial to decision making, as is also desire and various emotions. Lucas Chranach the Elder: 'Tree of knowledge' If understood that way, decision-making has a 'fitness' dimension, which I cannot call appropriately, not being a specialist of these notions, but that one may call a 'goal' of 'fitting with the real'. The notion of goal is complex and probably unnecessary when one thinks of such processes as automatic and spontaneous. Nonetheless, the cou...

Président normal

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François Hollande savait-il vraiment de quoi il parlait et quels effets il allait produire en se présentant comme un "président normal"?  Plantu, dans ses caricatures du "Monde", le représente au volant d'une 2CV bringuebalante. Les guignols font leurs gorges chaudes de la marionnette qui veut rester dans son trois-pièces, terrorisée à l'idée d'habiter les lieux prestigieux du pouvoir.  Plantu, dans Le Monde Ce dessin de Plantu fait mouche: il s'est vendu à 13'000 euros. Mais qu'a-t-il caricaturé? Une normalité présidentielle ou une normalité français-moyen? Ce n'est pas tout à fait la même chose. Or si l'un est souhaité, l'autre ne l'est pas, ce qui est source d'un paradoxe. On rit de la caricature, et pourtant, c'est largement sur l'argument du "président normal" que les français l'ont élu, par contraste avec l'anomalie historique que représentait, pour la fonction président...

Gauche caviar

Très à la mode - depuis longtemps déjà mais revivifié depuis quelques temps avec les poussées néo-libérales actuelles, en France avec l'ère Sarkozy, mais les conversations des libéraux suisses (et, gageons, d'autres régions de la francophonie également) ne sont pas en reste - l'expression "gauche caviar", destinée à stigmatiser les personnes d'un bon niveau social mais défendant des valeurs socio-démocrates, mérite une petite analyse pour débusquer ce qu'elle cache indûment. "Gauche caviar" exprime un jugement, puisque l'expression est dépréciative. Soit ce jugement porte sur la rationalité des personnes ciblées (il s'agit alors d'un jugement de rationalité), soit il porte sur le caractère immoral, dans un sens large, en tant que portant sur des valeurs fondamentales, de ces personnes ou de l'attitude "gauche caviar". Soit encore il porte sur les deux: attitude contraire à des valeurs et irrationnelle à la fois. C...

All there is to know about free will (and freedom in general)

There is a nice line of argument about free will which I might spell up as follows. I'm not sure yet what I am to think about these thoughts I had recently. Maybe I'm all wrong, but it seems to make sense. All there is to know about free will is that: i) is doesn't exist and that ii) we have the impression that it exists. I. Why should we say that free will doesn't exist, despite our intuition that we are making free choices all day long and thus that we are committed to these choices and responsible for them? If the human will is the result of neuronal activity, which in turn is the result of chemical-biological deterministic causes, then will - as well as emotions and other mental states - are the result of deterministic causes. Even though will raises problems as a mental state because of its being about other mental states (an issue left aside here). Some have suggested that the high complexity of the brain converts this determinism into non-determinism....