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Affichage des articles du décembre, 2011

Le souci du bien commun

Le souci du bien commun ne consiste pas à mettre en oeuvre des solutions que l'on juge bonnes pour la société, mais à mettre en oeuvre les conditions pour que les décisions à propos de ces solutions soient collectives et qu'elles puissent donc être mauvaises selon nous.

Grimbergen

La municipalité framande de Grimbergen annonce interdire les échanges en français dans les commerces. Pas l'anglais, pas le tchèque... Le français (Le Monde du 13 décembre 2011). Argument: la langue officielle des Flandres est le flamand. Qu'y a-t-il de biaisé dans ce raisonnement? La langue officielle concerne les actes officiels, pas les conversations privées, or un échange verbal dans un commerce est privé, comme le fait de disposer d'un menu en allemand ou en russe. Sauf évidemment en Turquie où on ne doit pas parler Kurde... Je suppose que les Wallons sont vexés, eux qui ne doivent pas beaucoup interdire le flamand dans les boutiques de Liège. Mais ce qui m'agace, c'est l'agression contre une langue dans son entier, contre une variétés de cultures, dont la mienne, qui m'est pas belge. Bon tourisme à à Grimbergen, une bière que je n'achèterai certainement plus, même si c'est une Carlsberg.

Qu'est-ce qu'un "étranger"?

En français, le mot étranger signifie à l'origine celui qui n'est pas du pays, et vient de l'adjectif étrange . On trouve le même mécanisme dans plusieurs langues, notamment romanes, et bien sûr en anglais: de strange on forme stranger . Le mot foreigner a un sens un peu plus restreint et plus spécialisé sur l'origine géographique: on dira plus volontiers de quelqu'un avec qui on n'a rien à partager "he's a total stranger to me" que "he's foreign to me" qui est un peu bizarre; en revanche, "foreign" se dit bien d'une idée qui nous semble étrangère ( this idea is foreign to me ). En allemand, autre langue germanique, le mot auslander signifie celui qui est de l'extérieur du pays mais vous rencontrez également des mots construits sur la racine fremd- commune pour signifier l'étranger et l'inconnu, l'autre.  En ancien allemand, étranger se disait de la même manière que hôte par Gast (j'y...

Un mot sur le populisme

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On connaît les caractéristiques principales de ce que véhiculent les populismes : rejet de l’Etat d’une part, et rejet de toute appartenance idéologique d’autre part, dans l’idée 1) que la politique doit être pragmatique pour résoudre des problèmes concrets et que 2) toute théorie, toute idée générale guidant l’action politique, donc toute « idéologie », est une entrave à ce pragmatisme.   C’est en particulier à cause de ce pragmatisme que les discours des populistes sont très efficaces quand il s’agit de proposer des solutions rapidement mises en œuvre. Par exemple, si on considère qu’il y a trop d’étrangers, il suffit de les expulser. Cette équation, par sa simplicité extrême, est très productrice d’effets : un problème qui pourrait être complexe se révèle simple et se résout en deux coups de cuillère à pot. Mais le discours est plus hésitant quand on demande d’expliquer l’éthique sous-jacente à leurs positions politiques, et c’est là qu’app...