Un problème de code moral
On décrit souvent la morale comme un code hérité de la communauté dans laquelle l’individu grandit et acquiert ses "compétences sociales". Cette conception n’est admissible que partiellement; de nombreuses recherches montrent clairement qu’il existe des fondements psychologiques naturels (cognitifs, neurologiques, donc biologiques) à des concepts fondamentalement moraux comme l’altruisme et l’égoïsme, et ceci, indépendamment des normes, conscientes ou inconscientes). On sait aussi que la prise de décision "morale" est influencée de manière étonnamment stable par des facteurs qui échappent complètement à la dimension conventionnellement palpable des valeurs. Il y a également une batterie d’arguments, y compris linguistiques, pour suggérer que l’être humain dispose d’une notion très intime, ancrée dans sa cognition, de la désirabilité des comportements (leur dimension déontique , qui concerne "ce qu’il convient de faire" dans un cas x ou y. ...