A George Floyd
Comment supporterais-tu, George Floyd, l’image de ta mort, l’écrasement de ton cou jusqu’à ce dernier souffle, si c’était toi qui regardais la télévision ce soir, et un autre que toi agonisant sur l’écran ? Tu ne la supporterais pas. Aucun Noir américain de Minneapolis ne la supporte. Aucun Noir au monde ne la supporte. Aucun homme, aucune femme, sur la planète entière, noir ou blanc, jaune ou rouge, grand ou petit, blond ou roux, gros ou mince, ne peut endurer sans horreur la vision de ce genou. Tu serais ce soir dans la rue à Minneapolis et moi aussi j’y suis en rêve, et je crame de bagnoles et des commissariats. Toute la planète crame ce soir des bagnoles de flics américains, toute la planète conchie cet uniforme une fois de plus déshonoré de la police américaine, une fois de plus déshonoré mais il y en a tant eu, qu’une fois de plus ce n’est plus grand-chose, c’est une fiente de pigeon sur un tas de fumier puant. Toute la planète s’est arrêtée saisie d’effroi. Vo...